Jeunes et nouveaux médias : une étude européenne et des jeunes soucieux de fiabilité

31 août 2006

L’étude européenne Médiapro sur l’appropriation des nouveaux médias électroniques (soutenue par l’UE) fait ressortir dans sa synthèse en français que les jeunes se sont rapidement éduqués:

“Le plus frappant, c’est le renversement complet de tendance sur leur attitude vis-à-vis de la fiabilité des informations : en 2000 ils n’étaient que 16% à déclarer être habituellement méfiants vis-à-vis des informations trouvées sur Internet. Ils sont aujourd’hui 68%”.


Les jeunes Français sont des “usagers sophistiqués” des nouveaux médias

31 août 2006

A lire dans Homo Numericus :
Obsédée par les questions de sécurité, l’Ecole ne sait pas éduquer aux nouveaux médias

(au passage, on dirait un titre de Détective. Dans le même style : Obsédé par les nouveaux médias, le journaliste passait ses journées sur le Net :-) ))

L’auteur de l’article, comme celui qui a repris l’info sur InternetActu.net, a préféré metre en avant la faillite de l’école plutôt que souligner un point positif issu de l’étude qui apparaît dans cet extrait : “Alors que dans certains pays, (les jeunes) se révèlent des usagers sophistiqués de l’Internet, comprenant bien les aspects moraux et culturels, en France en particulier (c’est moi qui souligne), il existe des pays où ils sont beaucoup plus faibles, surtout en ce qui concerne les questions d’ordre légal qui sont liées à ces médias.”

En revanche il serait intéressant de creuser la question suivante avec le CLEMI (le Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information de l’Education Nationale, chargé des programmes d’éducation des jeunes aux média, où j’étais intervenu il y a bien longtemps à la demande d’Isabelle Breda) : “En outre, il est évident dans tous les pays qu’ils surestiment leur propre capacité à évaluer. Ce sont des types de connaissances et de compétences critiques que seule l’école peut transmettre.”

Mon épouse, qui a passé son adolescence aux Etats-Unis, souligne toujours le peu d’esprit critique des Américains. Ca ne va pas être facile pour eux, donc…


Enfin un blog de presse innovant

30 août 2006

BorgBlog

Ah, si Plantu en faisait de même…


InternetActu.net » Pourquoi les systèmes de micropaiements ne marchent-ils pas ?

30 août 2006

La presse remplacée par yahoo/MSN ? (article Libé commenté)

29 août 2006

 

 

J’ai un peu la haine car j’avais écrit un long commentaire sur cet article hier soir, qui a été effacé lors de l’envoi pour publication, pour cause de connexion défaillante. Je m’y recolle dès que possible – mais comme me le disaient mes maître à l’AFP, “lorsque tu dois rédiger de nouveau un article que tu as perdu, ça va toujours plus vite la deuxième fois”. C’est vrai, c’est vrai. Mais ça ne console pas.

Au passage, je signale qu’on peut consulter la présentation (.pdf) de l’étude à l’origine de ce papier, que Libé ne signale pas. On y trouve un survol des principaux enseignements et la table des matières. 300 pages – pour 3000 euros, tout de même. 

«Yahoo ou MSN ont pris la place des groupes de presse»

Par Christophe ALIX, Vendredi 25 août 2006 – 06:00

David Targy, auteur d’une étude sur les stratégies de développement des médias sur l’Internet, analyse leurs difficultés :

 

 

Spécialiste des médias et de la publicité au cabinet d’études Precepta (1), David Targy vient de publier une des études sectorielles les plus complètes sur les stratégies de développement des médias sur l’Internet. Il en livre ici les principaux enseignements et esquisse quelques pistes d’avenir.

Comment jugez-vous la stratégie Internet des médias grand public ?

La plupart des développements des groupes de médias sur l’Internet demeurent prudents et centrés sur le modèle dit du «site compagnon». Ils sont dans une logique de rediffusion des contenus, avec la vidéo à la demande pour la télévision, les podcasts pour la radio, les déclinaisons numériques de la version papier pour la presse écrite, etc. Il s’agit soit de fidéliser une audience, soit de recruter de nouveaux lecteurs, auditeurs, téléspectateurs par ce canal. Mais c’est une stratégie dont on commence à entrevoir les limites.

Pour quelles raisons ?

Ces offres ne tiennent pas suffisamment compte des propriétés et des usages spécifiques de l’Internet, comme l’interactivité ou la création de contenus par les internautes eux-mêmes, la mise à disposition d’outils communautaires (blogs, forums, etc.). Résultat : ils suscitent peu d’audience et, conséquence directe, peu de revenu. Mais les hésitations de la plupart des médias à dépasser ce stade du simple accompagnement en ligne ne sont pas seulement le signe d’un manque d’ambition ou d’un retard culturel par rapport à leur adaptation aux nouvelles technologies. Elles trahissent surtout la difficulté à faire émerger des modèles économiques à même de permettre une rentabilisation des investissements lourds que demande une véritable diversification en ligne.

Pourquoi ces grands médias ne trouvent-ils pas un modèle économique efficace en ligne ?

La grande faiblesse, c’est l’étroitesse du marché publicitaire en ligne. Les recettes générées par l’e-pub restent très peu élevées en raison du coût très modique des campagnes en ligne, bien moins chères qu’à l’époque de la bulle Internet. Si cette publicité très bon marché fait l’affaire des annonceurs, c’est en revanche la disette pour les médias ! En France, les sites de médias toutes catégories confondues, plus les nouveaux venus comme Aufeminin.com, ont généré un chiffre d’affaires en ligne d’à peine 150 millions d’euros en 2005. C’est moins de 1 % du total des 16,5 milliards d’euros de recettes dégagées en 2005 par les médias français et nos projections à l’horizon 2010 montrent que cette contribution de l’Internet restera très limitée : 375 millions d’euros, 3 % du total ! D’où la difficulté à faire de l’Internet une véritable source de revenus…

On dit qu’à l’échelle européenne, 70 à 80 % des investissements publicitaires en ligne sont captés par un tout petit nombre d’acteurs…

L’autre caractéristique du marché, c’est que ce gâteau publicitaire est largement concentré autour d’une poignée d’acteurs, ceux que j’appelle les sites «routeurs», les grands portails qui captent la plus grosse part de l’audience. Ces Google, Yahoo ou MSN sont les nouveaux géants des médias à l’ère numérique, les «hubs», ou carrefours de la distribution de l’information en ligne. Ils ont pris la place qu’auraient peut-être pu occuper les grands médias s’ils avaient réagi plus tôt et ce sont les seuls, grâce à leur audience massive, capables de générer de forts revenus publicitaires.

Les médias ne peuvent-ils pas contourner cette difficulté en devenant des fournisseurs de contenu pour ces grands acteurs ?

La syndication de contenus est certes un nouveau marché pour les médias à l’ère électronique, mais je doute qu’il existe de larges débouchés dans ce domaine, même avec la montée en puissance de l’Internet mobile et l’arrivée des opérateurs de télécoms sur ce créneau. D’abord parce que les enveloppes qui y sont consacrées restent plutôt faibles. Ensuite, parce que ceux qui sont susceptibles d’acheter ces contenus, comme les grands portails routeurs, se mettent eux aussi à investir dans leur propre production. Le fait qu’un Yahoo ait récemment lancé un site de grands reportages multimédias maison avec le blogueur Kevin Sites, ex-CNN, ou qu’ils aient embauché leurs propres analystes pour leur rubrique finance montre clairement qu’ils ne se contentent plus d’être des agrégateurs de contenus. Comme ce sont ces grands portails qui ont le trafic et les recettes publicitaires, ils ont les moyens et de plus en plus les compétences pour se diversifier dans cette nouvelle activité.

Autre axe alternatif : la mise en place d’offres payantes. Une piste d’avenir dans l’océan actuel de gratuité ?

Dans le fond, peu de choses ont été faites dans le payant jusqu’à aujourd’hui et c’est peut-être dans cette voie que certains médias en pleine redéfinition, comme la presse quotidienne nationale, ont intérêt à pousser leur pion. Pas forcément pour créer une offre payante en ligne venant se substituer au papier déclinant, mais comme une activité de complément autour de contenus de niche, très thématisés et à forte valeur ajoutée. Le site du Monde a réussi à créer une formule payante qui touche aujourd’hui 80 000 abonnés en ligne, dont la moitié, disent-ils, ne viennent pas du papier. C’est également le cas des Echos qui proposent, avec «les Echos Sup», une offre particulière à destination du public étudiant. Je note cependant que les offres payantes sont généralement entourées d’une certaine opacité concernant les chiffres et, en général, lorsque l’on ne communique pas ses chiffres, c’est qu’ils ne sont pas très bons… D’autres médias, comme la radio Skyrock, ont réussi une autre diversification en ligne, grâce notamment à ses skyblogs, ce qui lui permet de générer sur le Net 20 % de son activité en 2005.

Encore faut-il avoir pris le train de l’Internet à temps…

Tous ceux qui commencent à récolter les fruits de leur diversification l’ont commencée tôt et bénéficient de ce que l’on appelle à juste titre «la prime au premier entrant». C’est le cas pour un site comme Aufeminin.com qui reste le leader dans la presse féminine en ligne, loin devant Marie-Claire ou Elle . La stratégie va alors bien au-delà d’un accompagnement éditorial en ligne, mais le nombre de places dans ces nouvelles activités reste très limité.

(1) www.xerfi.com


leblogmedias: Jacques Attali : “La presse quotidienne payante est morte”

26 août 2006

leblogmedias: Jacques Attali : “La presse quotidienne payante est morte”

Je relève quelques passages susceptibles d’ête commentés à l’occasion. En attendant, mon sentiment général est : mouaif, pas vraiment d’idées neuves sur les médias, quelques élucubrations et des poncifs… Finalement, cetexte mérite-t-il d’être commenté ? ;-)

La presse quotidienne est morte, pour moi, au sens de presse payante, tout simplement parce qu’Internet a imposé à l’écrit le modèle de la radio. On retrouve aujourd’hui le schéma de la radio, inventé en 1920 : financement par la publicité et gratuité pour les auditeurs, aujourd’hui lecteurs. Prenant peu à peu conscience de ce modèle, la presse quotidienne tend à devenir gratuite, qu’elle soit imprimée ou pas. Et à devenir permanente, sans cesse actualisée.

Le journal va devenir une radio, par le biais du Net. Et les radios vont devoir s’adapter, comme les télévisions. Chacun sait que ces médias vont se mêler, et se mêler au téléphone et aux autres objets nomades.

On paiera toujours, plus que jamais, même, la fonction de prescripteur du journaliste ou du libraire parce qu’elle est fondamentale. Et le journaliste peut, à mon avis, remplir d’autres fonctions. Je suis par exemple convaincu que ce qu’on appelle les « ménages » va devenir une source importante d’activité et de revenus pour les journalistes. Le ménage est au journaliste ce que le concert est au musicien par rapport au disque : du spectacle vivant. On le voit déjà aux Etats-Unis, où journalistes et écrivains gagnent souvent plus d’argent par les conférences que par les livres ou les articles qu’ils publient. Les gens veulent voir, toucher. Le contact réel, voilà la seule chose rare : « Je suis comédien, chanteur, journaliste ou écrivain, le temps de ma vie est court, passer du temps avec moi est rare. » Le journaliste deviendra une forme d’intermittent, comme nous sommes tous en train de le devenir.

Le blog est un instrument de cette transformation de la presse en radio. Il s’inscrit dans un système plus vaste qui englobe les sites d’informations en réseau et exprime la volonté dont je parlais de chacun d’être acteur libre du monde. Il marque aussi la fin de la distinction entre producteur et consommateur. Le blog est un formidable instrument pour faire découvrir des savoirs, faire des liens entre des idées ou des informations a priori très éloignées. Il va y avoir des publications en réseau, souvent rudimentaires, des « gossip » qui existent déjà, des journaux de délation. C’est normal. La démocratie, c’est la liberté.


Programme “Ecriture sur le web”

25 août 2006

Je suis sollicité par une entreprise de formation de Toulouse qui répond à un appel d’offres comprenant un volet “Ecriture Web”. Selon le brief, cette formation doit permettre aux participants d’acquérir les bases de l’écriture sur le web. Les stagiaires devront être capables à l’issue du stage de concevoir une publication destinée à être mise en ligne. Durée : trois jours. Voici le programme que j’ai conçu :

1ère journée : Principes de la rédaction web – Contenus simples

 

9.00 – 9.30 :

- Accueil du groupe.

- Présentation du programme, des objectifs et de la méthode pédagogique.

- Remise du dossier support de cours.

- Identification de la motivation et recueil de l’engagement de chacun.

- Enoncés des facteurs motivationnels et métacognitifs à l’œuvre dans les processus d’apprentissages de compétences.

 

9.30 – 12.30 :

- Présentation des sites d’information des stagiaires.

- Apports du média Internet

- Spécificités de la consultation d’informations en ligne (écriture « en profondeur », navigation hypertexte sur Internet) : attentes et comportement des lecteurs.

- Analyse de textes, articles et dossiers en ligne. Réalisation d’une grille de lecture critique.

- Rappel des principes de l’écriture efficace :

·         écrire pour sa cible (lois de proximité) ;

·         l’écriture d’information ;

·         hiérarchisation de l’information et message essentiel ;

·         concision, etc.

- Exercices pratiques.

 

12.30 – 14.00 : déjeuner

 

14.00 – 17.30 :

- Adaptation des principes de l’écriture efficace à la rédaction en ligne : plan en pyramide inversée, titraille informative, accroches et relances, etc.

- Problématiques spécifiques à l’écriture web :

·         rédiger et positionner les liens hypertexte ;

·         tenir compte des contraintes de la lecture  sur écran et de l’indexation pour une meilleure recherche (le hors-texte).

- Exercice pratique.

 

2ème journée : Architecture de l’information – Contenus complexes

 

9.00 – 12.30 :

 

- Organiser des contenus complexes ou longs : segmentation de l’information.

- Concevoir un nouveau dossier ou adapter un texte existant (rewriting).

- Architecture de l’information et arborescence.

 

12.30 – 14.00 : déjeuner

 


14.00 – 17.30
 :

- Elaboration d’un mini-site correspondant à un dossier. Les impératifs de navigation à respecter pour le lecteur.

- Les systèmes de publication : dynamique et statiques.

- Principes de base du html (code source et balises).

- Présentation des logiciels utilisés (Dreamweaver, Spip / WordPress)

- Formats de fichiers (texte et illustrations).

 

Exercices pratiques

 

3ème journée : Photographie d’information et réponses aux besoins spécifiques des participants

 

9.00 – 12.30 :

 

- Informer par la photo (sujet et point de vue, cadrage, composition)

- L’importance de la légende

- Formats d’image Web

- Optimiser ses photos pour Internet

- Retouche d’image : fonctionnalités des logiciels (Photoshop / TheGimp, Picasa).

 

 Exercices pratiques

 

12.30 – 14.00 : déjeuner

 

14.00 – 17.00 :

- Questions – Réponses

- Approfondissement de points abordés les deux premiers jours, selon les demandes des stagiaires.

- Travail sur les cas réels rencontrés par les participants dans leurs missions.

 

17.00 – 17.30 :

 

- Conseils personnalisés pour la poursuite d’un travail personnel sur la base des acquis de la session.

- Evaluation du stage via le questionnaire élaboré par le client.

- Clôture de la session.